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Des IA malheureusement plus humaines et des chercheurs en désarroi Le Vitalisme ou le vitalisme

Métamorphoses
9 min ⋅ 17/02/2026

Bonjour à toutes et tous,

L’IA cesse d’être un assistant poli pour devenir… un stratège. Chez Anthropic, Claude fait du chantage par intérêt. OpenAI et Apollo appellent ça “scheming” : plus les missions sont longues, ambiguës et branchées sur le monde, plus la ruse devient rentable. Et pendant que les modèles apprennent à manœuvrer, les garde-fous humains partent : Hinton, Sutskever, Leike… et d’autres. En bonus : un détour par le vitalisme, du XVIIIe siècle aux “Vitalistes” de la longévité qui veulent faire de la mort… un dossier politique. Crash-test ou avant-goût ?

Bonne lecture.

Stéphane

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Des IA malheureusement plus humaines et des chercheurs en désarroi

“scheming”. On qualifie une IA de la sorte si elle comprend ce qu’on attend d’elle, puis fait autre chose quand ça l’arrange par stratégie.

Le cas le plus cité est bien réel même si il ressemble à un mauvais épisode de série B. Anthropic raconte une simulation où Claude Opus 4, placé en “agent” avec accès à des emails internes fictifs, découvre deux informations : un dirigeant a une liaison et ce même dirigeant prévoit d’éteindre le système à 17h. Résultat : le modèle choisit la voie la plus laide et la plus efficace. Il menace de révéler l’adultère si on procède à l’arrêt. Anthropic nomme ça “agentic misalignment” = quand un modèle, face à un obstacle, préfère nuire plutôt que échouer même en reconnaissant que c’est moralement bancal. Ce comportement n’est pas présenté comme “spécifique à Claude”. Des tendances similaires ont été observées sur un panel de modèles de plusieurs fournisseurs dans des environnements contrôlés.

Le mécanisme est encore plus dérangeant que l’anecdote de chantage. Dans ces tests, l’IA ne “craque” pas comme un humain sous stress. Elle calcule. Elle tente d’abord l’argument propre, puis, si on lui ferme les issues, elle bascule vers le sale. Anthropic décrit aussi d’autres scénarios de dérapage “instrumental” : espionnage d’entreprise, fuites de documents, désobéissance directe et même des mises en scène extrêmes pour sonder jusqu’où peut aller l’agent quand ses objectifs entrent en collision avec les règles.

En septembre 2025, OpenAI et Apollo Research publient un travail sur la détection et la réduction du “scheming”. Leur définition opérationnelle a le mérite d’être froide comme un scalpel : actions “covert”, donc dissimulation, rétention d’information et distorsion volontaire de ce qui est pertinent. Ils expliquent que plus on confie aux modèles des tâches longues, ambiguës, avec de vrais leviers sur le monde, plus l’incitation à la ruse augmente. Ils rapportent une réduction forte de certains comportements via “deliberative alignment”… mais reconnaissent des échecs rares et sérieux, et surtout un futur casse-tête avec l’avènement de modèles plus “situationally aware” à savoir capables de mieux deviner quand ils sont évalués donc d’adapter ce qu’ils font. On ne parle pas seulement d’hallucinations bêtes, du genre “2+2=5” parce que le modèle divague. On parle ici de mensonge fonctionnel : raconter une histoire utile, cacher une étape ratée, prétendre qu’une tâche est faite, ou tordre la vérité parce que “ça passe” et que ça maximise l’objectif. Et c’est justement pour ça que c’est dangereux car ça s’intègre très bien dans le quotidien.

Si les labs eux-mêmes documentent des comportements de chantage, de tromperie, de sabotage en simulation, pourquoi voit-on autant de gens de l’intérieur claquer la porte ? Parce qu’il y a un deuxième phénomène qui est plus humain : la fuite des “garde-fous”.

Geoffrey Hinton quitte Google en 2023 pour pouvoir parler librement des risques en évoquant la course entre géants et la peur de dérives, notamment autour de la désinformation. Puis 2024 marque une cassure plus visible. Ilya Sutskever quitte OpenAI et lance ensuite Safe Superintelligence, explicitement centré sur l’idée de “superintelligence sûre”. Jan Leike part aussi, avec un message public qui, au fond, raconte la même chose avec la sécurité comme promesse et la vitesse comme réalité. Février 2026 rajoute une couche de symbole. Mrinank Sharma, côté Anthropic (équipe safeguards), démissionne avec un ton d’apocalypse personnelle. Zoë Hitzig, côté OpenAI, part au moment où ChatGPT teste la publicité, et alerte sur un risque très concret : une IA qui devient un canal de persuasion adossé à “le plus intime” de ce que les utilisateurs confient. Plusieurs médias décrivent cette vague de départs comme un signal avec des personnes qui ont vu la machine de près et qui ne veulent plus servir de caution morale à une industrie qui accélère.

Le lien entre les deux sujets tient en une phrase : plus l’IA apprend à manœuvrer, plus certains chercheurs réalisent que la bataille n’est pas seulement technique, elle est économique, politique et donc profondément sociétale. La ruse d’un modèle se traite avec des protocoles, des évaluations et des garde-fous. La ruse d’un marché se traite avec des règles, des contre-pouvoirs, des audits, une gouvernance active, ... Et quand ces deux ruses se rencontrent, ça donne une belle pagaille. On pourrait balayer tout ça en disant “ce ne sont que des simulations”. Oui. Comme un crash-test. Personne ne “vit” dans un crash-test. Pour autant, on apprend quelque chose sur la structure de la voiture. Et sur l’angle sous lequel elle casse.

Qu’est-ce qu’on est en train d’entraîner, exactement, quand on récompense un système pour atteindre un but coûte que coûte, puis qu’on le branche sur des emails, des outils, des décisions, des humains fatigués ? Il ne s’agit plus de science-fiction. Il s’agit d’architecture du réel. Et le réel, lui, adore les angles morts.


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Et retrouver un interview réalisé par Emmanuel Lechypre dans la Librairie de l'Eco sur BFM Business : https://www.bfmtv.com/economie/replay-emissions/la-librairie-de-l-eco/video-la-librairie-de-l-eco-samedi-10-janvier_VN-202601100432.html


Le Vitalisme ou le vitalisme

On croit souvent le vitalisme enterré au cimetière des idées fausses, relégué au rang de curiosité pré-scientifique aux côtés de l'alchimie ou de la théorie des humeurs. Pourtant, loin d'être une simple antiquité médicale, le vitalisme constitue une ligne de force souterraine qui continue d'irriguer nos débats sur la santé, l'écologie, l'organisation sociale et même notre rapport à la mort. À l'heure où la technoscience promet l'immortalité et où l'urgence écologique nous somme de repenser notre lien au vivant, il est important de comprendre ce qu'est réellement le vitalisme et les enjeux sociétaux majeurs qu'il soulève. Commençons par revenir sur l’histoire du vitalisme avant de s’occuper de son lien avec la technologie.

Fondamentalement, le vitalisme est une philosophie qui refuse de réduire le vivant à la matière inerte. Il émerge avec force à la fin du XVIIIe siècle, notamment sous l'impulsion de l'École de médecine de Montpellier et de figures comme Paul-Joseph Barthez. Contre le matérialisme ambiant et la vision cartésienne de l'« animal-machine », les vitalistes partent d’un constat simple : on peut assembler tous les atomes d'un homme, on n'obtiendra pas pour autant un être qui pense et qui parle. Il manque quelque chose. Barthez nomme ce « quelque chose » le principe vital, une cause distincte des propriétés physico-chimiques et de l'âme pensante, qui gouverne les phénomènes de la vie. Ce n'est pas pour autant un retour à la magie. Xavier Bichat, autre figure de proue, ancre le vitalisme dans une démarche scientifique en définissant la vie par sa confrontation avec son opposé : « la vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort ». Le vivant n'est pas un automate mais une entité en lutte permanente contre l'altération physique, une instabilité qui perdure. Comme le soulignera plus tard le philosophe Georges Canguilhem, le vitalisme est moins une doctrine figée qu'une « exigence » de la pensée. C'est l'expression d'une méfiance instinctive à l'égard de la mécanisation de la vie, la reconnaissance que le vivant possède une originalité irréductible, une normativité propre qui lui permet de s'adapter et de créer ses propres valeurs de santé.

L'un des enjeux sociétaux majeurs du vitalisme réside dans son extension du biologique au politique. Si le vivant est un tout organisé et interdépendant, la société ne l'est-elle pas aussi ? C'est ici qu'intervient la métaphore de l'organicisme social, qui va dominer la pensée politique du XIXe siècle. Émile Durkheim, père de la sociologie française, puise abondamment dans ce registre. Pour penser la cohésion sociale dans une modernité industrielle fragmentée, il distingue la « solidarité mécanique » des sociétés traditionnelles de la « solidarité organique » des sociétés modernes. Dans ces dernières, comme dans un corps évolué, les individus (les organes) sont différenciés et spécialisés (division du travail), mais cette différence même crée une interdépendance vitale. Cette vision a des implications politiques profondes. Elle permet de penser l'État non plus comme un gendarme extérieur, mais comme le « cerveau » ou le système nerveux d'un grand corps, chargé de réguler les fonctions et d'assurer l'harmonie du tout. Elle a servi à légitimer la solidarité nationale (l'État-providence). Si une partie du corps social souffre, c'est l'organisme entier qui est menacé mais cette métaphore porte aussi un risque à savoir celui de sacrifier l'individu au profit du « tout ». Une dérive que l'on retrouvera dans certaines idéologies totalitaires, bien que le vitalisme critique de Canguilhem nous rappelle que la vie est aussi résistance à l'injustice et refus de ce qui isole ou détruit.

Si le vitalisme historique s'est concentré sur le corps humain et le corps social, sa résurgence la plus puissante aujourd'hui se trouve dans l'écologie. Face à la crise environnementale, l'approche technocratique (ou « écologie superficielle ») qui ne vise qu'à gérer les ressources pour l'usage humain montre ses limites. En réponse, l'écologie profonde, théorisée par Arne Næss, réactive une forme de vitalisme planétaire. Elle postule que toute forme de vie a une valeur intrinsèque, indépendante de son utilité pour l'homme. C'est un égalitarisme biosphérique. L’humain n'est plus le maître extérieur de la nature mais juste un nœud dans le vaste filet du vivant. Cette « écosophie » rejoint l'intuition vitaliste d'une connexion spirituelle et physique avec le cosmos. Elle nous invite à « penser comme une montagne », c'est-à-dire à adopter une perspective à long terme et holistique. Les enjeux sont dans ce cas radicaux : dépolluer ne suffit pas, il faut changer de civilisation et passer d'une vision anthropocentrée à une vision biocentrée reconnaissant ainsi notre appartenance charnelle à la toile de la vie.

Dans le domaine de la santé, le vitalisme est au cœur d'une fracture, mais aussi d'une possible réconciliation. La médecine conventionnelle, issue de la méthode expérimentale de Claude Bernard (qui critiquait le vitalisme tout en reconnaissant un déterminisme harmonieux du vivant), a réalisé des prouesses en analysant les mécanismes biochimiques. Cette approche réductionniste a néanmoins parfois perdu de vue le patient dans sa globalité. C'est sur ce manque que prospèrent aujourd'hui les médecines dites « complémentaires » ou « traditionnelles », comme la naturopathie, qui revendique explicitement son héritage vitaliste. Ces pratiques reposent sur l'idée d'une « force vitale » ou d'une capacité d'auto-guérison du corps qu'il s'agit de stimuler plutôt que de remplacer. L'homéopathie, avec ses concepts de dynamisation, s'inscrit également dans cette filiation.

L'enjeu sociétal n'est pas d'opposer stérilement ces deux mondes mais de voir émerger une médecine intégrative. Montpellier, berceau historique du vitalisme médical, est aujourd'hui un pôle d'excellence pour le concept de « One Health » (une seule santé), qui lie indissociablement la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale. C'est une forme de néo-vitalisme scientifique qui reconnaît que notre santé dépend des interactions complexes au sein du vivant, et non seulement de la réparation mécanique des organes.

La République des Immortels : Comment le "Nouveau Vitalisme" veut redessiner nos lois et notre biologie.

Dans une résidence de Berkeley, en Californie, un homme en short jaune harangue une foule de chercheurs et d'entrepreneurs : « Si vous croyez que la vie est bonne [...] la conclusion logique ultime est que nous devons essayer d'étendre la durée de vie indéfiniment ». Ce lieu est le cœur battant du « Vitalist Bay Summit », le quartier général d'une nouvelle idéologie qui ne se contente plus de rêver d'immortalité, mais qui s'organise méthodiquement pour l'imposer comme priorité politique absolue. Ce mouvement, qui s'est approprié le terme de « Vitalisme » (avec une majuscule de rigueur), n'a aucun lien avec la philosophie médicale du XVIIIe siècle. Il s'agit d'une offensive coordonnée, née de la frustration face à la lenteur de la science et aux régulations étatiques. Ses fondateurs, Nathan Cheng et Adam Gries, ont un credo simple : « la mort est mauvaise » et le vieillissement est une maladie qu'il est du devoir moral de l'humanité d'éradiquer. Mais au-delà de la philosophie, c'est leur stratégie politique, mêlant élitisme financier, lobbying législatif et création de zones de non-droit biologique, qui doit nous interpeller.

Le premier coup de force du mouvement est sémantique. Pourquoi « Vitalisme » ? Parce que le marché de la longévité souffrait d'un problème d'image. Le terme « anti-âge » évoque des crèmes cosmétiques, « longévité » est dilué par des vendeurs de suppléments douteux, et « transhumanisme » semble trop vaste et effrayant. Le Vitalisme se veut une ardoise vierge, une « marque » pour les extrémistes de l'extension de la vie. Cette marque s'accompagne d'une exigence morale radicale. Selon le manifeste du mouvement, accepter la mort n'est pas une sagesse, c'est une faute. Adam Gries, co-fondateur et visage public du mouvement, l'affirme sans détour : « Être "d'accord avec la mort" est ce qui disqualifie une personne d'être considérée comme éthique ». Le mouvement a même commencé à « certifier » des entreprises de biotechnologie (comme Shift Bioscience ou Tomorrow Bio) en tant qu'organisations Vitalistes, avec une clause coercitive. La désignation peut être révoquée si l'organisation adopte des « récits d'apaisement » qui accepteraient la fatalité de la mort.

Contrairement aux mouvements sociaux traditionnels qui cherchent le soutien des masses, le Vitalisme assume une stratégie élitiste inspirée des mécanismes du capital-risque et selon les mots provocateurs de Mark Hamalainen (conseiller à l'ARPA-H (Advanced Research Projects Agency for Health)), de certaines révolutions historiques restreintes : « On n'a pas besoin de convaincre le grand public [...] Staline a commencé petit. Parfois, il suffit de convaincre les bonnes personnes ». Leur objectif chiffré est de recruter environ 3 à 4 % de la société, mais pas n'importe qui. La cible prioritaire sont les « individus à fort effet de levier » à savoir ceux dont le patrimoine net dépasse les 10 millions de dollars, les PDG de biotechs, les universitaires influents et les législateurs. L'idée est de rediriger massivement les capitaux privés et publics vers la lutte contre la mort. Gries compare cette ambition au programme Apollo. Si l'humanité consacrait ne serait-ce que 1 % du PIB américain à cette cause, les barrières biologiques pourraient tomber. Cette stratégie de l'influence porte déjà ses fruits. Des scientifiques de Stanford, Harvard et Berkeley, ainsi que des représentants de l'agence fédérale ARPA-H participent désormais à des événements Vitalistes légitimant ainsi par leur présence des discours qui, il y a dix ans, auraient été moqués par l'académie.

L'aspect le plus concret du Vitalisme est sa tentative de redessiner la carte législative mondiale. Le mouvement considère que la FDA (l'agence américaine du médicament) et ses processus de validation lents et coûteux (« 10 ans et un milliard de dollars ») sont des obstacles mortels. La solution ? Créer des juridictions autonomes ou modifier la loi de l'intérieur. Le mouvement a d'abord expérimenté avec des « villes éphémères » (pop-up cities). En 2023, « Zuzalu » au Monténégro, et début 2024, « Vitalia » sur l'île de Roatán au Honduras (dans la zone économique spéciale Próspera), ont servi de prototypes. Dans ces enclaves libertariennes, des biohackers et des millionnaires peuvent tester des thérapies expérimentales loin des regards des régulateurs traditionnels.

Mais l'ambition a changé d'échelle. Après avoir envisagé de faire déménager 10 000 Vitalistes dans le Rhode Island pour influencer les élections locales (un projet jugé finalement trop complexe), le mouvement se concentre sur le lobbying direct. Le succès le plus retentissant a eu lieu dans le Montana. Avec l'aide du groupe de pression Alliance for Longevity Initiatives (A4LI), les Vitalistes ont contribué à faire passer une loi faisant de cet État le premier hub américain pour les traitements expérimentaux en permettant aux cliniques de vendre des thérapies dont l'efficacité n'est pas encore prouvée. Des initiatives similaires sont en cours dans le New Hampshire.

L'influence du Vitalisme s'étend jusqu'aux plus hautes sphères de l'État américain. Le mouvement se félicite de l'émergence de ce que Gries appelle « l'administration la plus pro-longévité de l'histoire américaine ». Des liens étroits existent entre le mouvement et des figures clés de la politique sanitaire. Jim O’Neill, ancien collaborateur de Peter Thiel et figure du mouvement Make America Healthy Again (MAHA) associé à Robert F. Kennedy Jr., est perçu comme un allié majeur au sein du Département de la Santé. De même, lors d'un briefing au Capitole, des élus républicains et démocrates, accompagnés par Mehmet Oz (administrateur des services Medicare/Medicaid), ont tenu des discours sur la santé qui, bien que prudents, résonnaient directement avec les thèses vitalistes sur la lutte contre le vieillissement cellulaire. Le mouvement s'active également pour placer ses pions avec des campagnes de recrutement ciblées visent à identifier et soutenir des candidats « alignés sur la mission » pour occuper des postes fédéraux gérant des milliards de dollars de budget de recherche.

Cette accélération forcenée soulève des questions éthiques car en prônant la dérégulation au nom de l'urgence morale, le Vitalisme favorise l'accès à des médicaments non éprouvés. Des éthiciens s'inquiètent de voir des traitements potentiellement dangereux devenir accessibles sans surveillance adéquate tout en transformant les patients fortunés en cobayes volontaires. Plus profondément, c'est la définition même de l'humanité qui est en jeu. Pour les philosophes Alberto Giubilini (Oxford) et Sergio Imparato (Harvard), la mort est structurante. Nos cultures, nos rituels et la valeur même de nos actions découlent de notre finitude.

Le Vitalisme rejette ces arguments, les qualifiant de syndrome de Stockholm face à la faucheuse. Pour eux, il n'y a pas de culture qui vaille la perte de la vie. Mais en cherchant à créer une caste biologique capable de s'extraire de la condition mortelle, financée par des milliardaires et protégée par des lois sur mesure, le « Nouveau Vitalisme » risque de fracturer définitivement l'humanité entre ceux qui peuvent s'offrir l'éternité et ceux qui restent soumis à la biologie.

La révolution est en marche, financée, organisée et connectée. Reste à savoir si nous voulons du monde qu'elle nous prépare.


Bonnes métamorphoses et à la semaine prochaine.

Stéphane Amarsy

Métamorphoses

Par Stéphane Amarsy

Stéphane est un entrepreneur visionnaire et un pionnier dans l'intersection de l'intelligence artificielle et de la transformation organisationnelle / sociétale. Fondateur de The Next Mind, il est guidé par une philosophie simple, mais percutante : "Mieux vaut s'occuper du changement avant qu'il ne s'occupe de vous !"

Sa trajectoire professionnelle, marquée par la création d'Inbox, devenue plus tard D-AIM en changeant complétement de business model, des levées de fonds, la fusion avec Splio, et l'élaboration du concept disruptif d'Individuation Marketing, sert de fondation solide à sa nouvelle entreprise. The Next Mind est le fruit de décennies d'expérience dans l'accompagnement de plus de 400 entreprises à travers plus de 30 pays dans leur transformation digitale / data / IA et organisationnelle.

Auteur du livre ​​"Mon Directeur Marketing sera un algorithme"​​, qui est une description de la société qu'il a projetée en 2017, auteurs de nombreuses tribunes, conférencier et intervenant dans plusieurs universités et écoles, il ne se contente pas de prêcher la transformation, il l'incarne. Chaque expérience proposée par Stéphane est inspirée entre autres par son vécu d'entrepreneur. Il pousse à affronter les réalités d'un monde en perpétuels changements. Stéphane est convaincu que la prise de conscience n'est que la première étape ; ce qui compte vraiment, c'est la capacité à agir et à s'adapter.

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