L’IAflation arrangeante … Où s’informe t-on ? L’introduction en bourse de SpaceX et les retraites des américains
Bonjour à toutes et tous,
Cette semaine dans Métamorphoses, je vous propose trois histoires qui, en apparence, n'ont rien à voir. Pourtant, elles racontent toutes la même transformation cers des dépendances.
La première montre comment l'IA est en train de provoquer une nouvelle forme d'inflation. Derrière chaque requête se cachent des puces, du cuivre, de l'électricité, des centres de données et des ressources qui, elles, ne sont pas infinies. Plus nous automatisons, plus certains deviennent indispensables.
La deuxième s'intéresse à l'information. Les jeunes ne s'informent plus seulement via les médias, mais de plus en plus grâce aux réseaux sociaux… et désormais aux IA. Que devient le journalisme lorsque les machines résument l'actualité avant même que nous allions à la source ? La confiance peut-elle encore survivre sans présence humaine sur le terrain ?
Enfin, nous partirons aux États-Unis avec l'introduction en bourse de SpaceX. Une opération financière qui révèle qu’on peut devenir actionnaire d'Elon Musk… sans jamais l'avoir choisi ? Quand les algorithmes gèrent notre épargne, qui décide vraiment de notre avenir ?
Au fond, ce numéro parle d'un sujet unique : nous entrons dans un monde où le véritable pouvoir appartient à ceux qui contrôlent les dépendances que les innovations créent.
Bonne lecture… et surtout, bonnes métamorphoses.
Stéphane Amarsy
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L’intelligence artificielle promet d’alléger le monde. Elle commence, plus prosaïquement, par faire monter le prix des ordinateurs, des téléphones, des consoles, de la mémoire, de l’électricité, des transformateurs, des câbles, des terrains industriels, et même des électriciens. Voilà le paradoxe. La technologie la plus abstraite de notre époque remet brutalement le sous-sol, les usines, les réseaux et les métiers manuels au centre du jeu. Cette « IAflation » n’a rien d’une bizarrerie passagère car elle est la résultante de la rencontre entre une demande qui explose et une capacité productive qui, elle, ne se décrète pas par communiqué de presse. Apple a relevé le prix de certains iPad et MacBook en invoquant la flambée des coûts de mémoire et de stockage liée aux centres de données IA (100 à 300 dollars chez Apple et de 100 à 150 dollars sur certaines Xbox de Microsoft). Les fabricants de mémoire privilégient désormais les commandes liées à l’IA.
Quand tout le monde veut les mêmes composants au même moment, les prix montent. Mais la simplicité s’arrête là, car l’offre, dans ce domaine, a l’élasticité d’un vieux pont de pierre. On ne fabrique pas une nouvelle usine de semi-conducteurs comme on ouvre un compte en ligne. On ne double pas une production de mémoire, une capacité de lithographie, une mine de cuivre ou un réseau électrique en appuyant sur « entrée ». Les puces ont besoin de machines rares, les machines rares de fournisseurs rares, les fournisseurs rares de métaux, d’énergie, d’eau ultrapure, d’ingénieurs, de techniciens, de permis, de ports, de câbles, de stabilité géopolitique. Une chaîne. Et dans une chaîne, le maillon le plus lent fixe la vitesse de tous les autres. TrendForce a chiffré cette tension. Au premier trimestre 2026, les prix contractuels de la DRAM conventionnelle ont été révisés vers une hausse de 90 à 95 % sur un trimestre, tandis que la NAND Flash devait progresser de 55 à 60 %. Au deuxième trimestre, la même source attendait encore une hausse de 58 à 63 % pour la DRAM et de 70 à 75 % pour la NAND, portée par la demande des serveurs IA et des grands fournisseurs cloud.
Autrement dit, l’IA ne se contente pas de créer de la valeur. Elle déplace la rareté. Et celui qui tient la rareté tient le prix.
Voilà pourquoi Micron peut annoncer des résultats records dans un marché tendu, en expliquant que la mémoire est devenue un actif stratégique à l’ère de l’IA. Son chiffre d’affaires trimestriel du deuxième trimestre fiscal 2026 atteint 23,86 milliards de dollars contre 8,05 milliards un an plus tôt, avec une marge brute GAAP de 74,4 %. Voilà pourquoi Nvidia, qui se trouve au cœur de la demande en calcul accéléré, affiche pour son exercice 2026 un chiffre d’affaires de 215,9 milliards de dollars, en hausse de 65 %, et une marge brute GAAP de 71,1 %. Dans un monde saturé de discours sur le logiciel, le matériel prend sa revanche. La pelle et la pioche de la ruée vers l’or ont changé de nom. Elles s’appellent HBM, DRAM, GPU, lithographie, refroidissement liquide, alimentation électrique, fibre optique, cuivre.
L’inflation américaine elle-même devient plus difficile à lire. Une partie vient de l’énergie, une autre des tensions géopolitiques, une autre encore des services, des salaires, des loyers. Mais l’IA ajoute une couche nouvelle, plus discrète, presque sournoise, car elle ne passe pas seulement par le prix d’un baril ou d’un plein d’essence. Elle passe par le prix d’un composant invisible dans un ordinateur, par le coût de construction d’un centre de données, par la facture d’électricité d’un territoire qui n’a jamais demandé à devenir le grenier numérique de la planète. En mai 2026, l’inflation PCE américaine atteignait 4,1 % sur un an, et le PCE hors alimentation et énergie 3,4 %, selon les données reprises par la Fed de Dallas à partir du BEA.
Nous continuons à penser la technologie comme un nuage. Mauvaise image. Le cloud n’est pas un nuage, c’est une mine couchée sur un réseau électrique. Chaque requête, chaque modèle, chaque image générée, chaque assistant conversationnel, chaque promesse d’automatisation repose sur une architecture physique. Une architecture lourde. L’Agence internationale de l’énergie estime que la consommation électrique mondiale des centres de données pourrait doubler pour atteindre environ 945 TWh en 2030, avec une croissance annuelle d’environ 15 % entre 2024 et 2030, soit plus de quatre fois la croissance de la consommation électrique des autres secteurs. Aux États-Unis, l’EIA observe déjà que la demande électrique, longtemps presque plate, progresse de nouveau, avec l’usage des serveurs de centres de données comme facteur majeur. Même les métiers changent de valeur. On croyait que l’IA allait surtout remplacer des cols blancs. Elle recrute aussi des plombiers, des soudeurs, des électriciens, des techniciens fibre. Meta présente son America’s Workforce Academy comme une réponse au besoin de centaines de milliers de travailleurs qualifiés pour construire l’infrastructure numérique américaine. Voilà un drôle de miroir. Le futur le plus sophistiqué dépend soudain de mains capables de raccorder proprement une armoire électrique. Le silicium rêve. Le cuivre transpire.
Et le cuivre, justement, est l’un des meilleurs révélateurs de notre aveuglement.
Depuis des décennies, nous avons parlé de transition énergétique, de véhicules électriques, de réseaux intelligents, de centres de données, d’électrification générale, comme si les matériaux suivaient naturellement les intentions. Mais le monde physique n’applaudit pas nos PowerPoint. S&P Global estime que la demande mondiale de cuivre pourrait passer de 28 millions de tonnes en 2025 à 42 millions de tonnes en 2040, avec un possible déficit de 10 millions de tonnes en 2040 sans expansion significative de l’offre. Le même rapport souligne que les centres de données pourraient représenter 14 % de la demande électrique américaine en 2030, contre environ 5 % aujourd’hui. L’IEA a aussi alerté sur un risque de déficit pouvant atteindre 30 % d’ici 2035, lié aux délais miniers, aux coûts, à la baisse des teneurs en minerai et à la difficulté de développer rapidement de nouveaux projets. Nous sommes face à une équation que nous aimons éviter. Plus d’IA exige plus de calcul. Plus de calcul exige plus d’électricité. Plus d’électricité exige plus de cuivre, plus de transformateurs, plus de réseaux, plus de centrales, plus de batteries, plus de refroidissement. Et plus de tout cela exige plus de mines, plus d’eau, plus d’énergie, plus de territoires, plus d’arbitrages sociaux. La boucle est là, comme un serpent qui aurait avalé un data center.
Le problème consiste à construire des dépendances vitales sur des flux qui n’ont rien d’infini. Le Programme des Nations unies pour l’environnement rappelle que, sans action concertée, l’extraction mondiale de ressources pourrait augmenter de 60 % d’ici 2060 par rapport à 2020. Dans le même temps, le Stockholm Resilience Centre indiquait en 2025 que sept des neuf limites planétaires étaient désormais dépassées, dont l’acidification des océans pour la première fois. Nous appelons cela croissance. La planète, elle, appelle cela surcharge.
Le cas de l’agriculture devrait nous servir d’école. Il est hélas presque parfait.
L’agriculture moderne a gagné en productivité et en précision. Un tracteur guidé par GPS peut économiser du carburant. Un capteur d’humidité peut éviter un arrosage inutile. Un modèle prédictif peut prévenir une maladie avant qu’elle ne ravage une parcelle. Pour autant, chaque progrès technique ajoute parfois une nouvelle serrure. Et derrière chaque serrure, une entreprise tient la clé. La semence devient brevet. Le traitement devient dépendance chimique. Le tracteur devient logiciel. La réparation devient concession. Le conseil agronomique devient abonnement. La donnée de sol devient actif privé. Le carbone stocké devient crédit négociable. Le vivant, peu à peu, entre dans une architecture de plateformes. La concentration est déjà massive. Le rapport ETC Group et GRAIN de 2025 indique que Bayer, Corteva, Syngenta et BASF contrôlent 56 % du marché mondial des semences commerciales et 61 % du marché des pesticides. Il précise aussi que les quatre premiers acteurs du machinisme agricole contrôlent 43 % du marché mondial, avec une intégration croissante de l’IA, des plateformes numériques et des données agricoles. Même la réparation devient un champ de bataille. L’US International Trade Commission rappelle que le droit à réparer est devenu un sujet majeur dans le matériel agricole, les agriculteurs s’inquiétant de ne plus pouvoir réparer leurs équipements récents sans concessionnaires ou fabricants, en raison de technologies propriétaires, de pièces, de codes et d’informations indisponibles. Imaginez une exploitation céréalière au moment des moissons. Une panne électronique mineure immobilise une machine. Le blé est prêt, la météo tourne, les heures comptent. Jadis, un voisin, un mécanicien local, un peu de débrouille et beaucoup d’expérience suffisaient parfois à remettre la bête en mouvement. Aujourd’hui, un diagnostic logiciel verrouillé peut transformer une panne banale en prise d’otage douce. Pas de code, pas de réparation. Pas de réparation, pas de récolte. Pas de récolte, pas de revenu, … Voilà la dépendance moderne. Elle n’a pas toujours le visage brutal de la domination. Elle ressemble souvent à un service très pratique.
Même phénomène dans l’IA cognitive. Nous ne dépendons plus seulement de ressources matérielles, mais d’une ressource plus intime encore, notre capacité à penser sans béquille permanente. La dépendance cognitive ne signifie pas que l’IA nous rend idiots par magie. Cette caricature ne mène nulle part. Elle signifie que nous déplaçons progressivement l’effort mental vers des systèmes qui rédigent, résument, classent, comparent, recommandent, arbitrent, ... Au début, nous gagnons du temps. Puis, sans faire de bruit, nous perdons le muscle qui nous rendait libres. Microsoft Research a interrogé 319 travailleurs du savoir et observé que plus la confiance dans l’IA générative est forte, moins la pensée critique est mobilisée ; l’étude montre aussi que le travail critique se déplace vers la vérification, l’intégration et la supervision des réponses. Une étude du MIT Media Lab, encore à considérer avec prudence car publiée sur arXiv, alerte sur les effets éducatifs de long terme de la dépendance aux grands modèles de langage dans l’écriture. Le Stanford AI Index 2026 note, lui aussi, que les gains de productivité sont plus nets dans les tâches structurées et mesurables, mais plus limités dans les tâches de raisonnement profond, avec des indices de pénalités d’apprentissage à long terme lorsque la dépendance devient forte. La dépendance cognitive est plus dangereuse que la dépendance matérielle, car elle s’installe dans l’angle mort de la satisfaction. Un outil qui nous rend service paraît rarement menaçant. Il est poli. Il répond vite. Il ne se fatigue pas. Il reformule nos pensées avant même que nous ayons fini de les chercher. Petit à petit, l’effort de formuler devient optionnel. Or formuler revient à penser.
Qui gagne dans ce monde ?
Ceux qui contrôlent les goulets d’étranglement. Ceux qui possèdent le robinet au moment où tout le monde a soif. Les fabricants de mémoire quand la mémoire manque. Les concepteurs de GPU quand le calcul devient le nouveau pétrole. Les fondeurs quand la fabrication avancée se concentre dans quelques lieux. Les fabricants de machines de lithographie quand toute l’industrie dépend d’équipements quasi uniques. Les producteurs d’énergie quand les centres de données cherchent des mégawatts. Les détenteurs de données agricoles quand les agriculteurs ont besoin de prédire. Les fournisseurs d’IA quand les organisations oublient comment travailler sans eux.
Le pouvoir moderne ajoute à posséder beaucoup le fait de devenir indispensable. Voilà pourquoi le débat sur l’IA ne peut pas rester enfermé dans les vieux tiroirs. Innovation contre régulation. Productivité contre emploi. Progrès contre peur. Tout cela est trop pauvre. La bonne lecture est systémique. Une hausse du prix d’un ordinateur parle de mémoire DRAM, donc de centres de données, donc d’IA, donc d’électricité, donc de cuivre, donc de mines, donc de géopolitique, donc de limites planétaires, donc de pouvoir d’achat, donc de démocratie. Tirer sur un fil, et toute la nappe vient.
Nous avons pourtant un défaut presque comique, si ses conséquences n’étaient pas si graves. Nous simplifions tout. Nous voulons une cause, un responsable, une solution, un graphique, un slogan. Le monde, lui, ressemble davantage à une mangrove qu’à une ligne droite. Des racines partout. Des dépendances cachées. Des équilibres fragiles. Des espèces qui vivent parce que d’autres tiennent encore. Il est urgent de réapprendre la complexité. Non pour rendre les choses obscures, mais pour cesser de les rendre fausses. Penser en complexité, c’est comprendre qu’un modèle d’IA n’est pas seulement un modèle. C’est une chaîne énergétique, minière, industrielle, cognitive, politique. Penser en complexité, c’est comprendre qu’un agriculteur équipé d’outils numériques n’est pas seulement plus productif. Il peut devenir captif d’un écosystème fermé. Penser en complexité, c’est comprendre qu’une technologie qui promet l’autonomie peut, si nous n’y prenons garde, fabriquer de la dépendance à grande échelle.
Nous entrons dans une époque où la richesse ne viendra plus seulement de l’innovation, mais de la maîtrise des dépendances que l’innovation crée. Les entreprises qui gagnent aujourd’hui organisent des raretés. Elles transforment des besoins en passages obligés et elles savent qu’un client dépendant discute moins le prix qu’un client libre.
Soyons acteurs de nos dépendances.
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Dans le Digital News Report 2026 du Reuters Institute, 52 % des 18-24 ans déclarent que les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et l’IA sont désormais leur principale source d’information. Chez les 25-34 ans, ils sont 44 %. Les sites d’information reculent. La télévision résiste, surtout chez les plus âgés.
On dira que les médias ont déjà survécu à Google, puis à Meta. Oui. Ils ont appris à composer avec les moteurs de recherche, les fils d’actualité, les plateformes, leurs caprices d’algorithmes et leurs changements de règles au petit matin. Mais cette fois, la nature de l’intermédiaire change. Il ne classe plus seulement l’information. Il la digère. Il la réécrit. Il la sert tiède, sans toujours indiquer la cuisine d’où elle vient. Le moteur de recherche renvoyait encore vers la source. L’assistant IA, lui, peut garder le lecteur dans sa bulle de réponse. Pourquoi lire une enquête de terrain quand une synthèse polie en donne l’illusion en huit lignes ? Voilà le piège. Le signal devient plus sombre encore quand on le relie à la confiance. Dans le monde, seuls 37 % des citoyens disent faire confiance à l’information, niveau le plus bas depuis 2015. En France, 5 % des lecteurs passent déjà par une IA pour s’informer. Ce chiffre modeste n’est que la fissure d’un monde qui change.
L’IA saura résumer une conférence de presse. Elle saura agréger des chiffres, repérer des tendances, comparer des déclarations anciennes et récentes. Très bien. Laissons-lui cette mécanique. Mais elle ne sentira pas la gêne d’un élu dans un couloir. Elle ne saura pas pourquoi un silence, dans une usine qui ferme, pèse plus lourd qu’un communiqué. Elle ne passera pas trois heures dans un café de sous-préfecture pour comprendre ce que les statistiques ne disent jamais.
L’avenir du journalisme ne se jouera donc pas contre l’IA, mais au-delà d’elle. Dans le terrain, l’enquête, la présence, le doute, la responsabilité. Dans tout ce qui résiste à la synthèse automatique.
La machine peut produire des réponses. Le journaliste doit encore fabriquer de la confiance.
Il y a des ruptures qui entrent en grande pompe et d’autres s’invitent dans votre plan de retraite. L’arrivée de SpaceX au Nasdaq, sous le symbole SPCX, appartient à cette seconde catégorie. Présentée comme une prouesse de marché, elle a valorisé l’entreprise autour de 1 770 milliards de dollars et levé 85,7 milliards après l’exercice de l’option des banques. Le rêve spatial devient une ligne dans un portefeuille. Le vertige commence ici. Aux États-Unis, le 401(k) (plan d'épargne retraite par capitalisation, proposé par l'employeur et régi par la section 401(k) du U.S. Internal Revenue Code (IRC). Il permet aux salariés d'allouer une partie de leur salaire sur un compte d'investissement fiscalement avantageux) n’est pas un simple produit d’épargne. Une part massive des actifs de retraite passe par des fonds indiciels ou à date cible. L’ICI (représentant le secteur de la gestion d'actifs et les investisseurs individuels qu'il sert) rappelle qu’en 2024, les fonds communs géraient 45 % des actifs de retraite individualisés, et que près de sept participants sur dix aux 401(k) détenaient des target date funds en 2022 donc quand les indices avalent une entreprise, des millions de comptes la digèrent avec eux.
Voilà le paradoxe. Des épargnants qui n’ont jamais voulu spéculer sur Mars, l’IA ou les humeurs d’Elon Musk se retrouvent embarqués dans la fusée de façon mécanique indépendamment de leurs convictions. Le Guardian a recueilli cette phrase d’un ingénieur californien : « We’ve all been forced into a giant casino ». La gestion passive devait réduire l’arbitraire, bien au contraire, elle crée une dépendance nouvelle à quelques monstres de capitalisation.
Quelques jours après son envol, le titre a chuté de 16 % en une séance. Qui gouverne l’épargne quand l’épargne ne choisit plus vraiment ? Nous avons bâti la retraite sur la diversification. Or cette diversification ressemble de plus en plus à un pari concentré sur quelques futurs privés. Fusées, IA, satellites, plateformes, … Épargner ne devrait pas signifier déléguer sa responsabilité à une machine indicielle. Derrière chaque algorithme de marché, il y a une promesse très humaine : vieillir sans peur. Et cette promesse mérite mieux qu’un strapontin dans la fusée d’un milliardaire.
Pour info, voici les plus grosses valorisations boursières à date. Tout est dit.
Bonnes métamorphoses et à la semaine prochaine.
Stéphane Amarsy