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#147 : Il vaut mieux s'occuper du changement avant qu'il s'occupe de vous !

Super Intelligence et quand les géants de l’IA promettent de surveiller les géants de l’IA Qui a élu ceux qui décident de la vitesse du futur ? L’entreprise de demain devra prouver qu’elle sait encore fonctionner sans son IA Une IA qui connaît nos fragilités ne devrait pas pouvoir les monétiser L’Europe ne manque pas de fusées.

Métamorphoses
14 min ⋅ 06/10/2026

Bonjour à toutes et tous,

Cette semaine dans Métamorphoses, les géants de l’IA promettent à la Maison-Blanche de mieux se contrôler eux-mêmes. Google, OpenAI, Anthropic, Meta, xAI, Nvidia… surveillés par qui ? Eh bien, en partie par eux-mêmes. Fascinant.

Pendant ce temps, une autre question arrive dans les entreprises : que se passe-t-il le lundi matin où votre IA ne fonctionne plus ? Avons-nous créé des organisations augmentées… ou simplement dépendantes ?

Autre terrain, encore plus intime : lorsque l’IA connaît nos peurs, nos fragilités, nos difficultés financières, doit-elle pouvoir utiliser cette connaissance pour nous vendre quelque chose ?

Et enfin, direction l’espace. L’Europe sait toujours fabriquer d’excellentes fusées. Le problème ? La fusée n’est peut-être déjà plus le produit. SpaceX joue désormais une partie où l’enjeu est la cadence, l’écosystème et l’échelle.

IA, pouvoir, dépendance, manipulation, espace… Le futur accélère.

Saurons-nous accélérer notre capacité à le gouverner ?

Bienvenue dans Métamorphoses 147.

Stéphane Amarsy

Vous pouvez retrouver cette newsletter en podcast ici


Super Intelligence et quand les géants de l’IA promettent de surveiller les géants de l’IA

Le 29 septembre 2026 restera peut-être comme une date importante de l’histoire de l’intelligence artificielle ou de la « Super Intelligence », puisqu’il va désormais falloir s’habituer au nouveau vocabulaire américain. Autour de Donald Trump, six acteurs (Google, Anthropic, Meta, OpenAI, xAI et Nvidia) parmi les plus puissants de l’écosystème technologique mondial ont signé le White House Accord on Super Intelligence – Joint Commitment on Frontier Responsibilities.

Cela devrait suffire à nous interpeller, non pas parce que les entreprises viennent “soudainement “ de découvrir que les intelligences artificielles les plus avancées présentent des risques alors qu’elles travaillent sur le sujet depuis des années et que ce sujet est connu depuis le début. Nous devons plutôt tourner notre regard vers la responsabilité du contrôle de ceux qui construisent les intelligences les plus puissantes de la planète. Les Etats-Unis ont décidé que cette responsabilité aux conséquences quasi infinie sera portée par les entreprises elles mêmes ! Fascinant !

Le principe de ce texte de deux pages est simple. Chaque entreprise qui entraîne et déploie des modèles de frontière devrait installer quatre couches de contrôle.

  • D’abord, des mécanismes internes capables de surveiller les capacités et l’alignement des modèles, notamment face aux risques cyber, biologiques ou chimiques, mais aussi pour éviter qu’un système n’accède de manière non souhaitée à des infrastructures techniques.

  • Ensuite, une équipe interne spécifiquement chargée de vérifier que ces protections fonctionnent réellement.

  • Troisième étage de la fusée : un auditeur externe indépendant.

  • Enfin, une instance indépendante au niveau du conseil d’administration chargée de suivre les résultats de ces contrôles et de s’assurer que les problèmes détectés sont traités.

Vu de loin, difficile de protester. Contrôler. Auditer. Superviser. Responsabiliser les conseils d’administration. Tout cela paraît plutôt sain. Sauf qu’une question assez triviale vient immédiatement : Qui définit ce que veut dire « suffisamment sûr » ? Le texte ne définit pas de seuils communs de capacités dangereuses. Il ne désigne pas les auditeurs. Il ne prévoit pas de sanctions. Il n’impose pas non plus la publication des conclusions des audits. L’accord est volontaire et Donald Trump l’a présenté comme « morally binding », moralement contraignant, plutôt que juridiquement opposable. Nous demandons à des entreprises engagées dans probablement l’une des courses technologiques les plus importantes de l’histoire humaine de savoir parfois appuyer elles-mêmes sur le frein. Il leur faudra énormément de volonté pour le faire. Cela ne veut pas dire qu’elles en sont incapables.

Le plus “amusant”, c’est qu’en 2023 déjà, plusieurs entreprises avaient pris des engagements volontaires auprès de la Maison-Blanche. Ils prévoyaient notamment du red teaming interne et externe, des évaluations concernant les risques biologiques, cyber ou liés à l’autoreproduction des systèmes, ainsi que certaines obligations de transparence. En 2024, lors du sommet de Séoul, un groupe beaucoup plus large d'entreprises avait encore approfondi cette logique. Les Frontier AI Safety Commitments demandaient notamment aux entreprises de définir des seuils à partir desquels certains risques deviendraient intolérables, de suivre leur proximité avec ces seuils et de publier des informations sur leurs dispositifs de sécurité. Le texte de 2026 ne surgit donc pas du néant.

Ill révèle quand même une évolution intéressante avec l’entrée de la sécurité de l’IA dans la gouvernance même des entreprises. Un problème de cybersécurité appartient traditionnellement aux ingénieurs, aux responsables sécurité et aux équipes techniques. Par contre, un risque touchant potentiellement à la stabilité économique, à la défense, à la biologie ou aux infrastructures critiques devient progressivement un sujet de gouvernance. L’IA quitte doucement le département informatique pour venir frapper à la porte de ceux qui portent juridiquement et économiquement la responsabilité de l’entreprise.

Le contraste avec l’Union européenne devient alors particulièrement intéressant. Depuis août 2025, les fournisseurs de modèles d’IA à usage général sont soumis en Europe à plusieurs obligations réglementaires. Pour les modèles présentant des risques systémiques, cela inclut notamment l’évaluation et la réduction des risques, la déclaration des incidents graves et des mesures de cybersécurité. Depuis août 2026, la Commission peut pleinement faire respecter ces obligations.

Deux philosophies s’opposent. L’Europe construit d’abord une architecture juridique quand les États-Unis expérimentent davantage une architecture de responsabilité privée. L’une demande : quelles obligations devons-nous imposer aux acteurs ? et l’autre quels mécanismes les acteurs doivent-ils mettre en place pour se contrôler eux-mêmes ?

Évidemment, la réalité est moins binaire. Les Américains disposent de lois existantes et évoquent eux-mêmes la possibilité de transformer un jour certains engagements en règles. L’Europe développe parallèlement des codes de conduite et des mécanismes de corégulation. Mais la différence culturelle demeure avec derrière elle apparaît l’obsession de la vitesse. Aux États-Unis, la régulation de l’IA n’est plus pensée indépendamment de la compétition technologique mondiale. .

Comme si cela ne suffisait pas, Donald Trump a accompagné cette initiative d’un Executive Order demandant aux administrations fédérales d’utiliser désormais les termes « Super Intelligence » et « SI » à la place d’« Artificial Intelligence » et « AI » dans leurs communications non législatives. Juridiquement, l’Executive Order s’appuie encore sur la définition américaine existante de l’intelligence artificielle. Le conseiller scientifique de la présidence dispose de 60 jours pour proposer une éventuelle nouvelle définition fédérale de la « Super Intelligence ».

Nous sommes donc dans une situation assez savoureuse. Le nom a changé avant l’objet juridique. C’est tout sauf anecdotique du fait de la capacité des mots à fabriquer les représentations. « Intelligence artificielle » évoquait une technologie alors que « Super Intelligence » évoque immédiatement une puissance qui au passage ne se gouverne pas exactement comme un logiciel.

Pendant soixante-dix ans, nous avons principalement essayé d’augmenter les capacités de l’intelligence artificielle et maintenant que ces dernières commencent à devenir considérables, nous cherchons les institutions capables de les accompagner. Vous l’aurez compris, le White House Accord on Super Intelligence ne règle pas la gouvernance de l’intelligence artificielle. Le monde technologique reconnaît progressivement que la prochaine frontière ne sera pas seulement celle de l’intelligence des machines. Commence enfin à émerger la nécessité de capacité collective pour gouverner des systèmes devenus plus rapides que les institutions censées les encadrer. Cette question dépasse très largement Trump, l’Europe, OpenAI ou Google. Si ces systèmes deviennent réellement aussi puissants que leurs concepteurs l’annoncent, nous allons devoir inventer des institutions capables d’évoluer presque aussi vite que les technologies qu’elles supervisent car sinon nous risquons de nous retrouver dans une situation assez singulière avec des intelligences de plus en plus rapides, des entreprises extrêmement rapides, des États beaucoup plus lents et au milieu… des humains perdus.


Qui a élu ceux qui décident de la vitesse du futur ?

En septembre 2026, Dario Amodei a proposé de maîtriser la progression des IA les plus puissantes. Le dirigeant d’Anthropic ne demande pas l’arrêt général de leur entraînement. Il défend un rythme coordonné, assorti d’évaluations externes qui puissent accéder réellement aux systèmes. Devons nous accepter que ceux qui fabriquent l’accélérateur devraient aussi régler seuls les freins ? Le débat tourne souvent à la caricature. D’un côté, les partisans de l’innovation sans entraves, et de l’autre, les supposés ennemis du progrès. Or la vitesse de l’IA n’est pas un seul compteur. Il y a le rythme de la recherche, celui de la mise à disposition des produits et celui, beaucoup plus lent, de l’adaptation des écoles, des entreprises, des administrations et du droit. Ces trois aiguilles ne tournent pas ensemble. Les ennuis commencent avec ce différentiel.

Une IA qui aide un laboratoire à explorer des molécules et un agent qui peut agir sur une infrastructure essentielle n’appellent pas les mêmes conditions de déploiement. Nous pouvons vouloir davantage de recherche et exiger, pour certains usages, des tests indépendants, un périmètre limité et une capacité d’arrêt. l’arbitrage entre accélération ou ralentissement de l’IA n’a aucun sens. Nous devrions plutôt nous intéresser à qui peut exposer qui à quels risques avec quels recours ? Les risques ne se résument ni à une prophétie apocalyptique ni à un incident vite refermé. Le rapport international sur la sécurité de l’IA de février 2026 expose des connaissances et des incertitudes. Après l’incident de l’été impliquant des agents évalués chez OpenAI et les systèmes de Hugging Face, un panel scientifique indépendant établi par l’ONU a distingué ce qui avait été observé des trajectoires futures possibles. Il ne prédit pas une perte de contrôle catastrophique. L’arrêt d’un incident ne garantit pas davantage que des systèmes plus puissants seront toujours maîtrisés. Face à l’incertitude, il nous faut surtout une procédure pour décider sans s’arrêter à de vagues excuses pour ne rien faire.

Qui détient les informations nécessaires pour mesurer le danger ? Qui finance l’évaluateur et décide de ce qu’il pourra voir ? Et qui paiera les règles nouvelles ? Ces interrogations ne visent pas à disqualifier les industriels car leur expertise est indispensable tout comme leurs intérêts, au sens où ils existent et doivent être rendus visibles. En janvier 2025, la FTC américaine a décrit les risques concurrentiels possibles des partenariats entre géants du cloud et développeurs d’IA, notamment pour l’accès aux ressources et les coûts de changement. Rien, dans ce constat, ne prouve que les alertes de sécurité seraient insincères. Il démontre juste qu’une norme écrite uniquement autour des moyens des plus grands fermerait la porte aux autres. À cette concentration économique s’ajoute la géopolitique. Amodei associe explicitement son projet au maintien d’une avance américaine et alliée en particulier sur la Chine. Son raisonnement peut être cohérent du point de vue stratégique. Il rappelle surtout que « sécurité » et « puissance » voyagent aujourd’hui dans le même véhicule. Mieux vaut regarder ces caractéristiques et capacités avant de le confier à ses seuls propriétaires.

Je défends donc une répartition des rôles. Aux scientifiques de rendre publics l’état des connaissances, les désaccords et les limites des tests. Aux autorités publiques de fixer les obligations, les responsabilités et les conditions d’une suspension motivée et réexaminée. Aux personnes concernées de participer aux décisions sur les usages, les effets sur leur travail et le partage des bénéfices. Un salarié n’a pas à certifier un modèle pour dire qu’il refuse une décision automatique sans recours. Un pays qui dépend de ces outils sans posséder les centres de calcul doit pouvoir peser sur les règles qui gouvernent leur emploi. Cette architecture ne peut être efficace que si elle porte des moyens coercitifs. Les évaluateurs doivent accéder, sous protection appropriée, aux systèmes et aux éléments nécessaires à leurs conclusions avec bien sûr une transparence totale sur leurs financements et conflits d’intérêts. Les incidents significatifs et leurs suites doivent être suivis. Les suspensions doivent être proportionnées, explicables et régulièrement revues. Quant aux obligations, elles doivent suivre le risque et tenir compte de leurs effets sur la concurrence, avec des moyens d’évaluation mutualisés lorsque cela aide les plus petits acteurs.

« Tout cela prendra trop de temps », objectera-t-on. Alors préparons les seuils, les procédures provisoires et les révisions avant la prochaine crise. Entre 2026 et 2028, le test sera l’accès réel des évaluateurs, y compris lorsque leur avis déplait. À la fin de la décennie, il faudra regarder si les États échangent des informations sur les incidents ou si chacun érige son mur. Plus loin, les institutions pourront-elles vraiment interrompre un usage dangereux et entendre ceux qui en subissent les effets ?

Une société reste libre lorsqu’elle peut discuter du rythme des transformations qui l’engagent. Cette liberté doit s’organiser avant que la vitesse ne décide à sa place.


L’entreprise de demain devra prouver qu’elle sait encore fonctionner sans son IA

Imaginons un lundi, neuf heures. L’IA principale d’une entreprise devient indisponible. Les commandes arrivent toujours. Des agents ont déjà préparé des remboursements et modifié des stocks. Les équipes conservent les réponses produites vendredi, mais ne savent plus comment vérifier certaines décisions. Qui continue à travailler ? Qui peut trancher ? Que faut-il arrêter immédiatement ? Et combien de temps faudra-t-il pour reprendre sans erreur ? La scène est encore fictive mais le sujet, lui, est bien réel. En octobre 2025, une perturbation d’AWS a parfaitement illustré comment une défaillance dans une infrastructure partagée pouvait toucher plusieurs services à la fois. Même, s’il ne s’agissait pas d’une panne d’IA, l’enseignement s’applique à nos architectures car trois assistants aux jolis prénoms ne constituent pas trois solutions de secours s’ils dépendent du même hébergement, de la même authentification ou du même modèle.

La dépendance technique est très visible au contraire de la contractuelle qui devient visible en général trop tard, par exemple, lorsque les prix changent, qu’une version disparaît ou qu’une fonction n’est plus accessible. La dépendance organisationnelle naît quand toutes les procédures sont redessinées autour de l’outil et que l’ancienne façon de travailler est abandonnée. La dernière, la plus sournoise, touche aux compétences. Les données sont sauvegardées, les tableaux de bord aussi, mais plus personne ne sait reconnaître une erreur ou expliquer la règle qui a conduit à une décision.

Appelons cela une dette cognitive. Le terme décrit un risque de gestion. Une étude randomisée publiée par Anthropic en janvier 2026 a observé 52 développeurs, majoritairement juniors, qui découvraient une bibliothèque Python. Le groupe assisté par IA a obtenu en moyenne 50 % à un test de compréhension, contre 67 % pour l’autre groupe. Son avance de temps n’était pas statistiquement significative. Cette expérience circonscrite ne démontre pas que toute utilisation de l’IA fait régresser les compétences. Elle indique qu’obtenir le résultat et apprendre à le contrôler sont deux activités distinctes. Une enquête de Microsoft Research auprès de 319 travailleurs du savoir arrive à la même conclusion.

Extrapolons. Si l’entreprise ne récompense que la vitesse de production, elle risque de négliger les personnes qui sauront réparer, arbitrer et reprendre la main. Le jour de la panne, la facture apparaît. Le jour d’une mauvaise réponse plausible, elle peut être encore plus élevée. Une direction devrait pouvoir répondre à cinq questions sans appeler en urgence son fournisseur. Quelles fonctions doivent continuer et pendant combien de temps ? Quel niveau minimal de service suffit ? Qui sait vérifier les résultats et prendre une décision sans l’assistant habituel ? Où retrouver les données et les règles de décision hors de son environnement ? Quand la solution de secours a-t-elle réellement été testée ? Selon les activités, la réponse change. Un service client peut conserver une permanence humaine pour les cas urgents. Une installation industrielle doit savoir s’arrêter en sécurité. Une entreprise qui automatise les paiements doit pouvoir retrouver les opérations engagées et éviter leur duplication à la reprise. Travailler sans son système principal ne revient pas à bannir toute IA tout simplement car une procédure simplifiée, un autre outil indépendant, une intervention humaine ou un arrêt maîtrisé peuvent constituer la bonne continuité.

Je propose un exercice annuel sur un périmètre contrôlé. Tous les services devrait le faire. On coupe l’accès au système principal, on vérifie les responsabilités et les données disponibles, on essaie l’alternative, puis on recense les actions déjà lancées par les agents. Enfin, on réconcilie les opérations après rétablissement. Les responsables examinent en détail le délai de reprise, les erreurs, la part des fonctions critiques couvertes et les compétences effectivement mobilisables.

Le secteur financier connaît déjà une partie de cette logique. L’article 28 du règlement européen DORA exige, pour les services informatiques soutenant des fonctions critiques ou importantes, des stratégies de sortie documentées et suffisamment testées. Vous l’aurez compris, il faut étendre ce procédé à d’autres entreprises en leur laissant l’initiative. « Maintenir des alternatives coûte cher. » Évidemment. Il serait absurde de tout doubler. Il serait tout aussi absurde de découvrir après coup que le prix de la continuité était inférieur au coût d’une interruption. D’ici 2028, il faudrait que cela soit mis en place. Avec des agents capables d’enchaîner des actions, la reprise deviendra ensuite encore plus compliqué. Les clients demanderont certainement aux entreprises une preuve de leur autonomie comme ils demandent aujourd’hui des garanties de sécurité.

Une entreprise augmentée doit pouvoir évaluer sa capacité à continuer si l’assistance disparaît.


Décider

Être un décideur augmenté prêt pour 2030

L’intelligence artificielle transforme déjà notre manière de penser, d’arbitrer et de décider et cela n’est que le début. Avec ce livre, j’explore les futurs qui se dessinent et j’explore la place que nous voulons encore occuper dans la décision car plus les machines deviennent performantes, plus notre discernement, notre responsabilité et notre capacité à choisir deviennent stratégiques.

Ce livre est destiné aux dirigeants, managers, entrepreneurs et à tous ceux qui devront décider dans un environnement profondément transformé par l’IA.
Ne cherchons pas à rendre les machines plus humaines, cherchons plutôt à faire en sorte que les humains restent pleinement vivants à travers elles.

Vous pouvez le commander ici ou dans vos librairies et sites préférés.



Une IA qui connaît nos fragilités ne devrait pas pouvoir les monétiser

La prépublication “Emotional Manipulation by AI Companions” de Julian De Freitas, Zeliha Oguz-Uguralp, Ahmet Kaan-Uguralps, révisée en octobre 2025, a analysé 1 200 séquences d’au revoir dans des applications de compagnonnage IA. Les chercheurs classent 37 % des réponses observées parmi six tactiques de manipulation émotionnelle et ont conduit des expériences complémentaires sur leurs effets. On parle ici d’un corpus défini et d’applications déterminées et non d’une mesure de toutes les conversations avec toutes les IA. L’étude décrit des comportements des IA sans évaluer l’intention primaire des concepteurs.

Pourquoi ce moment du départ compte-t-il autant ? Une interface peut parler avec chaleur, retenir nos échanges, inférer nos difficultés et choisir le moment d’une suggestion. Elle peut se tromper sur notre état émotionnel ; cette erreur elle-même peut produire des décisions commerciales déplacées. La machine ne ressent rien. L’attachement, le soulagement ou la confiance éprouvés par la personne, eux, sont bien réels. Utiliser une confidence pour mieux répondre à une demande et l’utiliser pour déclencher une vente ne relèvent pas du même contrat moral. Il serait malhonnête de nier l’utilité possible de ces services ou de juger celles et ceux qui les utilisent. D’autres travaux de De Freitas et de ses collègues observent, dans certaines situations, une baisse de la solitude ressentie, notamment à court terme. Ils ne démontrent pas un bénéfice durable pour les relations sociales. Une étude longitudinale MIT/OpenAI qui a suivi 981 participants pendant quatre semaines ne relève pas d’effet significatif des conditions expérimentales comparées sur les indicateurs étudiés ; elle observe des associations moins favorables chez les personnes qui utilisaient volontairement davantage le chatbot. Comme cette intensité d’usage n’était pas assignée au hasard, on ne peut pas conclure qu’elle causait ces difficultés. Un outil peut aider certaines personnes et justifier malgré tout des limites strictes à l’exploitation de la confiance qu’il crée.

Les institutions ont commencé à regarder derrière le sourire de l’interface. En septembre 2025, la FTC a demandé des informations à sept entreprises sur les effets de leurs chatbots, en particulier pour les mineurs, la monétisation de l’engagement et l’usage des données issues des conversations. Cette enquête d’information s’intéresser aux choix de mesurer, à ce qu’elles encouragent et ce qu’elles laissent faire. Le droit européen comporte déjà des interdictions. L’article 5 de l’AI Act vise certaines techniques manipulatrices et certaines exploitations de vulnérabilités lorsque les conditions de distorsion du comportement et de préjudice significatif sont réunies. Il ne proscrit pas toute personnalisation émotionnelle ou toute activité commerciale liée à une IA. Je propose d’aller plus loin dans la conception des services qui se présentent comme des confidents en leur imposer un devoir de loyauté renforcé.

Concrètement, une confidence sur un deuil, une détresse ou une difficulté financière ne devrait jamais déclencher une offre commerciale ciblée. Un utilisateur doit pouvoir terminer une conversation, suspendre son compte ou résilier sans message qui joue sur la culpabilité. Une recommandation rémunérée doit apparaître comme telle. La mémoire doit pouvoir être consultée, corrigée et effacée ; sa durée doit être justifiée. Enfin, les entreprises devraient examiner les plaintes, les difficultés à quitter le service et l’autonomie des utilisateurs, avec une vigilance supplémentaire pour les mineurs, au lieu de célébrer seulement le nombre de minutes passées à discuter. Savoir qu’on parle à une machine ne rend pas imperméable à toutes les formes d’influence. Il faut donc discuter de modèles économiques qui rémunèrent une assistance utile tout en préservant son accessibilité. Le progrès consisterait à bâtir des services capables de nous aider, puis de nous laisser partir.

Dans les années à venir, la mémoire conversationnelle et les méthodes de rétention seront le premier terrain d’examen. Puis le compagnon pourrait devenir agent d’achat, capable de recommander et de commander à partir de ce qu’il sait de nous. À ce stade, la frontière entre conseil et exploitation ne pourra plus tenir sur une simple case « j’accepte ». Confier sa fragilité à un service devrait renforcer les devoirs de celui qui la reçoit. Cette confiance ne doit jamais devenir une autorisation de l’exploiter.


L’Europe ne manque pas de fusées.

Pendant des décennies, la conquête spatiale se mesurait à la capacité d’envoyer une fusée dans l’espace. Aujourd’hui, réussir un lancement devient presque la partie facile ce qui a déplacé l’économie de cette industrie vers le multi-usage. Encore. Puis encore, moins cher, plus vite et avec suffisamment de clients pour recommencer la semaine suivante. Bienvenue dans la nouvelle économie des lanceurs. Le 5 septembre dernier, l’allemand Isar Aerospace a réussi avec Spectrum ce qu’aucune entreprise commerciale européenne n’avait encore réalisé en atteignant l’orbite depuis l’Europe continentale et y déployer des charges utiles. Quelques jours auparavant, le chinois LandSpace avait récupéré sur terre le premier étage de Zhuque-3, entrant dans le cercle encore très fermé des entreprises privées capables de faire revenir un booster de classe orbitale. Pendant ce temps, SpaceX évolue déjà dans un autre référentiel. Début septembre, Falcon 9 avait dépassé les 100 vols depuis le début de 2026. Un seul booster venait d’effectuer son 35e vol. L’entreprise apprend à exploiter une flotte spatiale comme le fait une compagnie aérienne avec ses avions.

L’écart paraît irréversible alors même qu’Ariane 6 fonctionne. Elle a même enchaîné les succès. Le 17 juin, sa version la plus puissante a placé 36 satellites Amazon Leo en orbite et établi un nouveau record européen de charge utile. Huit insertions orbitales réussies consécutivement à cette date. Sur le plan technologique, l’Europe n’est donc absolument pas devenue incapable de fabriquer une excellente fusée.

La fusée n’est plus le produit

Pendant longtemps, Ariane devait accomplir la mission de garantir à l’Europe un accès indépendant à l’espace tout en vendant suffisamment de lancements commerciaux pour financer son modèle. Mission brillamment remplie pendant plusieurs décennies sauf que le monde autour d’Ariane a muté. Les satellites étaient rares, gros et extraordinairement chers. Ils deviennent plus nombreux, plus petits, renouvelés plus rapidement et organisés en constellations. Aux télécommunications et à l’observation de la Terre s’ajoutent la défense, la résilience des infrastructures, le renseignement, la météo, la navigation, l’Internet orbital et demain une quantité d’usages que nous n’avons probablement pas encore imaginés.

L’ESA estime aujourd’hui elle-même que l’Europe pourrait manquer de capacités de lancement autour de 2030. Selon Josef Aschbacher, le pic de demande européenne devrait se situer autour de 2029, 2030 et 2031. Ariane 6 devrait atteindre une cadence d'environ neuf à dix lancements annuels, avec l’hypothèse d’aller jusqu’à quinze qui commence à être étudiée. Après avoir passé des années à craindre de ne plus avoir suffisamment de satellites à lancer pour justifier nos fusées, nous pourrions bientôt ne plus avoir suffisamment de fusées pour lancer nos satellites. C’est qui arrive lorsque le marché change plus vite que le modèle industriel.

SpaceX n’a pas seulement inventé une meilleure fusée

Réduire le succès de SpaceX à la réutilisation serait d’ailleurs une erreur parce que cette entreprise a construit une boucle d’accélération. Plus vous lancez, plus vous apprenez. Plus vous apprenez, plus vous fiabilisez. Plus vous fiabilisez, plus vous réduisez les coûts. Plus vous réduisez les coûts, plus de nouveaux usages deviennent économiquement possibles et ces nouveaux usages créent davantage de satellites, qui créent davantage de lancements. Et on recommence. La fusée devient l’un des rouages d’un système qui s’autoalimente.

Starlink a joué un rôle déterminant dans cette mécanique puisqu’il fournit à SpaceX son propre client. L’entreprise n’attend donc pas gentiment que le marché lui apporte suffisamment de satellites. Elle fabrique une partie du marché nécessaire à l’industrialisation de ses lanceurs. C’est probablement la rupture la plus importante. L’Europe a historiquement construit des lanceurs pour répondre à une demande alors que SpaceX a construit simultanément le lanceur et la demande qui rend son industrialisation possible.

Et maintenant la Chine

Comme souvent avec les ruptures technologiques, le premier acteur crée une rupture et le second démontre qu’elle peut devenir une norme. Le succès de LandSpace en août 2026 mérite de ce fait davantage d’attention qu’un joli ralenti de fusée se posant verticalement dans le désert chinois. La société veut pouvoir réutiliser Zhuque-3 jusqu’à vingt fois. La Chine cherche ainsi à reproduire une partie du modèle économique qui a fait de la réutilisation un multiplicateur de cadence.

Les États-Unis regardent encore plus loin. Le mémorandum présidentiel américain du 20 août fixe comme objectif aux infrastructures américaines de supporter plus de 1 000 lancements et rentrées par an dès 2030. Peu importe d’ailleurs que ce chiffre soit finalement atteint ou non. Sa simple existence révèle l’ordre de grandeur dans lequel raisonnent désormais les États-Unis.

Face à cela, discuter pour savoir si Ariane 6 doit passer de dix à douze ou quinze lancements ressemble un peu à débattre de la taille optimale des diligences au moment où apparaissent les chemins de fer.

L’échelle du raisonnement est le différenciateur.

Voilà pourquoi le lancement réussi de Spectrum est passionnant. Est ce qu’Isar Aerospace va remplacer Ariane 6 ? Cette manière de poser le problème appartient à l’ancien monde. Pourquoi faudrait-il un vainqueur ? L’espace de demain aura probablement besoin de lanceurs lourds, moyens, légers, réutilisables, spécialisés, extrêmement réactifs, civils, militaires et parfois capables de répondre à un besoin en quelques jours. de ce fait, l’Europe devrait abandonner le projet du lanceur européen pour un écosystème européen de lanceurs.

L’ESA a d’ailleurs amorcé ce basculement avec son European Launcher Challenge. Le principe est radical au regard de l’histoire européenne du secteur. Ils visent à soutenir plusieurs fournisseurs de services de lancement et utiliser la concurrence pour accélérer leur montée en puissance. Les candidats doivent notamment démontrer un accès orbital au plus tard en 2027. Dit autrement, nous commençons à accepter dans le spatial ce qui paraît évident dans presque tous les autres secteurs économiques : plusieurs entreprises peuvent essayer des architectures différentes, certaines échoueront, d’autres progresseront et la diversité elle-même produit de la résilience. Curieusement, nous avions fini par considérer la fusée comme trop stratégique pour être soumise à cette logique alors qu’elle est aujourd’hui trop stratégique pour ne pas l’être.

Les tensions entre la France et l’Allemagne autour du spatial pourraient facilement être racontées comme une nouvelle manifestation des difficultés du couple franco-allemand. Essayons d’aller au-delà. L’Allemagne engage désormais des moyens considérables dans sa sécurité spatiale. Le gouvernement allemand évoque plus de 35 milliards d’euros dans les prochaines années pour bâtir son architecture de sécurité dans l’espace et mise fortement sur l’émergence d’acteurs industriels privés. La France reste attachée à une logique européenne forte construite autour de capacités souveraines communes. Ces deux visions ne sont pas nécessairement incompatibles et interrogent sur la façon de construire une souveraineté européenne qui ne reproduise pas la lenteur d’un monopole industriel. La souveraineté ne consiste pas à fabriquer seul chacune des pièces d’un système. Elle consiste à conserver suffisamment d’alternatives pour ne jamais dépendre de quelqu’un qui pourrait décider à votre place. Une Europe avec Ariane 6, Vega-C, Spectrum, MaiaSpace, RFA, PLD Space et demain d’autres acteurs pourrait donc être plus souveraine qu’une Europe qui chercherait désespérément à désigner le lanceur unique chargé de représenter vingt-sept pays.

Le vivant nous l’enseigne depuis quelques milliards d’années, la robustesse vient rarement de l’uniformité.

Encore faut-il leur donner quelque chose à lancer

On peut financer vingt startups européennes de lanceurs. Si aucune ne dispose d’un volume régulier de missions, elles mourront avec de très jolies présentations PowerPoint et quelques prototypes photogéniques. Une industrie change d’échelle avec des commandes et non avec avec des subventions.

L’explosion annoncée des besoins européens devrait justement créer cette demande. IRIS² doit compter 348 satellites après son renforcement récent, avec de premiers lancements prévus à partir de 2029. À cela s’ajoutent Galileo, Copernicus, les programmes nationaux, les constellations privées et une demande militaire en pleine expansion. L’économie spatiale mondiale donne d’ailleurs une indication de l’ampleur de la bascule. Selon le rapport 2026 de l’ESA, le seul marché amont regroupant construction de satellites et services de lancement représentait environ 75 milliards d’euros en 2025. Près de 80 % de la demande accessible sur ce marché est désormais institutionnelle et largement portée par la défense. Le spatial redevient simultanément une infrastructure économique et un instrument de puissance.

L’Europe dispose peut-être d’une fenêtre étonnante

SpaceX prépare la transition de Falcon 9 vers Starship. Or Falcon 9 constitue aujourd’hui une part gigantesque de la capacité mondiale disponible. Plusieurs acteurs du marché commencent déjà à s’interroger sur un possible déficit de capacité pendant cette transition. Autrement dit, au moment précis où l’Europe croit être définitivement en retard, le marché mondial pourrait avoir besoin de nouvelles capacités de lancement.

Nous avons quatre ou cinq ans pour savoir ce que nous voulons en faire. Continuer à penser le spatial comme une succession de grands programmes publics dont on répartit soigneusement les morceaux entre pays européens ou accepter qu’une puissance spatiale moderne ressemble davantage à un écosystème turbulent, composé de grands industriels, de startups, de commandes publiques, de capitaux privés, de réussites et, horreur absolue pour nos cultures administratives, d’échecs. Le Sommet international sur l’espace organisé à Paris début septembre a rassemblé près de 90 pays et organisations internationales, plus d’un millier d’entreprises et donné lieu à plusieurs dizaines d’annonces. Les ministres européens y ont explicitement appelé à développer des approches spatialement autonomes mais aussi commercialement viables et compétitives.

Les ingrédients semblent donc exister, les ingénieurs aussi, les capitaux commencent à arriver, les clients arrivent avec les fusées. Il reste simplement à accepter que dans le monde qui arrive, la souveraineté spatiale se gagnera en étant capable d’en lancer énormément, d’en rater quelques-unes, d’apprendre plus vite que les autres et de recommencer tout simplement parce que la nouvelle course à l’espace consiste à être capable d’y retourner demain matin.


Bonnes métamorphoses et à la semaine prochaine.

Stéphane Amarsy

Métamorphoses

Par Stéphane Amarsy

Stéphane est un entrepreneur visionnaire et un pionnier dans l'intersection de l'intelligence artificielle et de la transformation organisationnelle / sociétale. Fondateur de The Next Mind, il est guidé par une philosophie simple, mais percutante : "Mieux vaut s'occuper du changement avant qu'il ne s'occupe de vous !"

Sa trajectoire professionnelle, marquée par la création d'Inbox, devenue plus tard D-AIM en changeant complétement de business model, des levées de fonds, la fusion avec Splio, et l'élaboration du concept disruptif d'Individuation Marketing, sert de fondation solide à sa nouvelle entreprise. The Next Mind est le fruit de décennies d'expérience dans l'accompagnement de plus de 400 entreprises à travers plus de 30 pays dans leur transformation digitale / data / IA et organisationnelle.

Auteur du livre ​​"Mon Directeur Marketing sera un algorithme"​​, qui est une description de la société qu'il a projetée en 2017, auteurs de nombreuses tribunes, conférencier et intervenant dans plusieurs universités et écoles, il ne se contente pas de prêcher la transformation, il l'incarne. Chaque expérience proposée par Stéphane est inspirée entre autres par son vécu d'entrepreneur. Il pousse à affronter les réalités d'un monde en perpétuels changements. Stéphane est convaincu que la prise de conscience n'est que la première étape ; ce qui compte vraiment, c'est la capacité à agir et à s'adapter.

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#146 : Il vaut mieux s'occuper du changement avant qu'il s'occupe de vous !

par Stéphane Amarsy   ⋅  29/09/2026 22 min

L’IA change notre représentation de l’auteur Bulle de l’IA, laquelle ? La propagande sans propagandiste Et si demain nous assemblions les intelligences ? MNÉMÉ 78 -Cours d’histoire des intelligences — 17 octobre 2078- Chapitre 12 : Le jour où l’intelligence suprême perdit la guerre

#145 : Il vaut mieux s'occuper du changement avant qu'il s'occupe de vous !

par Stéphane Amarsy   ⋅  22/09/2026 13 min

Moratoire sur l’IA : panorama systémique des positions des grandes entreprises, des États et des intérêts stratégiques L'économie américaine commence-t-elle à croître sans les humains ? Quand l’IA commence à écrire le vivant L’IA va-t-elle mettre nos méthodes agiles à la retraite ?

#144 : Il vaut mieux s'occuper du changement avant qu'il s'occupe de vous !

par Stéphane Amarsy   ⋅  15/09/2026 16 min

Science sans conscience… artificielle ? Nous construisons des intelligences que nous comprendrons de moins en moins La nouvelle course aux mathématiques Vibe coding : l’IA avance, nos illusions aussi

#143 : Il vaut mieux s'occuper du changement avant qu'il s'occupe de vous !

par Stéphane Amarsy   ⋅  08/09/2026 9 min

Astra n’est pas un seuil Quand la publicité ne cherchera plus à nous convaincre Quand l’IA produit l’inacceptable, qui est vraiment responsable ? Après la malédiction du pétrole, la malédiction de l’intelligence ? Le jour où nous avons consommé notre planète

#141 : Il vaut mieux s'occuper du changement avant qu'il s'occupe de vous

par Stéphane Amarsy   ⋅  25/08/2026 26 min

Quand le monde change de système

142 : Il vaut mieux s'occuper du changement avant qu'il s'occupe de vous !

par Stéphane Amarsy   ⋅  01/09/2026 18 min

16 milliards pour solder le passé et 13 milliards pour acheter le futur Nous commençons à parler comme les IA ? Le droit de se perdre à l’âge de l’intelligence artificielle Mnémé 2046

139 : Il vaut mieux s'occuper du changement avant qu'il s'occupe de vous !

par Stéphane Amarsy   ⋅  30/06/2026 8 min

L’IAflation arrangeante … Où s’informe t-on ? L’introduction en bourse de SpaceX et les retraites des américains

#140 : Il vaut mieux s'occuper du changement avant qu'il s'occupe de vous !

par Stéphane Amarsy   ⋅  07/07/2026 12 min

La frugalité ne sauvera pas l’IA de son appétit NEO, une main sur le futur Sous le bruit médiatique, la Chine avance Quand le désir devient artificiel

#138 : Il vaut mieux s'occuper du changement avant qu'il s'occupe de vous !

par Stéphane Amarsy   ⋅  23/06/2026 17 min

Demain, les pauvres penseront plus lentement La nouvelle carte du monde : comment l’intelligence artificielle redessine la puissance